Petit historique du Collège Saint-Michel (Bruxelles)

 

Plan du document

Le quartier
rue d'Or
Diverticulum
rue de la Paille
rue de Ruysbroeck
le quartier Saint-Michel
Dédicaces
Les bâtiments
l'infirmerie
le deuxième étage
la propriété
le bassin de natation
les études
le grand couloir
l'escalier de pierre
la porterie, le couloir, les parloirs
Au fil des jours ...



Le quartier


RUE D'OR
 

Tronçon de la voie agricole romaine longeant le flanc de la vallée de la Senne (voir "Diverticulum"), la rue d'Or prenait cours au carrefour des rues de Ruysbroeck, de l'Empereur et de l'Hôpital (place de la Justice) et conduisait à la Steenpoort, sous laquelle il fallait passer jadis pour atteindre la rue Haute et sa léproserie hors de la première enceinte.
Longue de 150 mètres seulement, la rue d'Or a disparu de la toponymie bruxelloise en 1957, victime de la jonction ferroviaire Nord-Midi. Elle était cinq fois moins large que le boulevard de l'Empereur qui a pris sa place, mais à un niveau plus élevé puisqu'il passe sur un pont au dessus de la place de la Justice.
Il ne subsiste plus aucune trace des édifices ou maisons qui ont donné jadis à la rue d'Or quelque illustration ou quelque particularité plus ou moins mémorable.
Ce qu'on sait de science sûre, c'est qu'à la rue d'Or s'établirent les premiers jésuites à Bruxelles. Ils y construisirent à la fin du 16e siècle leur vaste couvent, dont l'église formait le coin de la rue d'Or et de la rue de Ruysbroeck (actuelle place de la Justice, ainsi nommée parce qu'au début du siècle dernier l'église fut transformée en palais de justice: elle fut démolie lorsque Thémis s'installa dans l'énorme temple de Poelaert, et la rue Lebeau fut alors tracée à travers l'ancien domaine des jésuites).

Jean d'OSTA
Les rues disparues de Bruxelles
Bruxelles, Éditions Rossel, 1979



DIVERTICULUM
 

Nom latin du plus ancien chemin de Bruxelles. Cette voie romaine, construite pour les transports agricoles quelque dix siècles avant la naissance de la ville, courait à mi-côte sur le versant oriental de la vallée de la Senne.
C'est à l'emplacement actuel d' Evere que ce chemin rustique partait de la grande route Bavai-Cologne. Il suivait le tracé de ce qui fut plus tard la chaussée de Haecht, la rue Notre-Dame-aux-Neiges, le Treurenberg, le Marché au Bois, les rues Cantersteen, de l'Empereur et toute la rue Haute, pour se diriger vers le sud (vraisemblablement par l'itinéraire sinueux de la chaussée de Forest, mais ici les historiens perdent sa trace).
Le long de ce "diverticulum" bordé de terres labourées, les "villas" gallo-romaines à tuiles rouges et les cabanes en torchis des anciens Belges devaient être relativement nombreuses, à en juger d'après les ustensiles de tout genre et les débris divers qu'on a trouvés le long de cette voie.
Oui, la rue Haute et son prolongement vers le nord forment une voie historique, vieille de vingt siècles.
Elle a survécu aux invasions des Francs, qui détruisirent par le feu et le fer toutes les habitations de la région, et au Moyen Age, elle joua un rôle considérable dans la formation du tissu urbain, grâce à son admirable position le long du versant ensoleillé de la vallée (des sources pures y abondaient et l'on y cultivait la vigne).

Jean d'OSTA
Les rues disparues de Bruxelles
Bruxelles, Éditions Rossel, 1979



RUE DE LA PAILLE
 

Elle doit son nom au marché à la paille et au foin qui se tenait autrefois à proximité.
Durant une bonne part du XIXè siècle, les Bruxellois eurent ici leur Palais de Justice, lui-même élevé, entre 1816 et 1823, sur l'emplacement de l'ancien couvent des Jésuites. Ce palais de justice ne sera démoli qu'en 1892, neuf ans après l'inauguration du "mammouth" de Joseph Poelaert.
...
A deux pas, les Jésuites s'acharnent à faire de leurs disciples de bons serviteurs de la Religion, jeunes gens des meilleures familles qui plongent tout entiers dans les délices des études classiques, de la théologie et des belles manières. Ce sont eux qui introduiront à Bruxelles la pratique des cérémonies officielles de distributions de prix dont l'enseignement demeurera longtemps affligé. La communion solennelle figure également au nombre de leurs "inventions".
Fermé le 23 septembre 1773, le Collège cède la place à la Commission Royale chargée de réorganiser les études dans nos provinces.

Georges RENOY
Bruxelles vécu: le Sablon
Bruxelles, Éditions Rossel, 1982



RUE DE RUYSBROECK
 

En 1598, les Jésuites s'installent sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui la RTT.
Trois ans auparavant, ils ont acquis, rue Terarken, un hôtel que leur a cédé une dame de la Torre. L'année sui vante, ils obtiennent la jouissance de l'hôtel de Nassau confisqué par Philippe II au prince d'Orange. Bientôt, ils quittent leur princière demeure et s'en vont desservir deux chapelles de Notre-Dame du Sablon.
Leur objectif: devenir propriétaires de l'église tout entière. Mais le Grand Serment ne l'entend pas de cette oreille. Déçus dans leurs espérances, nos Jésuites acquièrent la propriété des seigneurs de Grimbergen, avec ses cours, étables, jardins et étangs, située entre la rue de la Paille et la première enceinte. Un collège est ouvert qui sera inauguré en 1604.
Deux ans plus tard, les archiducs Albert et Isabelle posent la première pierre de leur nouvelle église dont la construction entraînera la condamnation des quinze premières maisons de la rue de Ruysbroeck. Les temps sont troublés et les deniers font défaut; les travaux n'avancent guère.
A force de quêtes et de requêtes, l'argent nécessaire finit par être rassemblé et, le 5 septembre 1627, l'infante Isabelle peut présider à la consécration de l'édifice. Après la suppression de l'Ordre, l'église est fermée, en 1773.
. . .
En 1816, c'est au tour de la Justice de prendre possession des bâtiments hâtivement restaurés que l'on affublera, pour plus de majesté, d'une colonnade néo-classique, mal imitée des temples de l'Antiquité.

Georges RENOY
Bruxelles vécu: le Sablon
Bruxelles, Éditions Rossel, 1982



LE QUARTIER SAINT-MICHEL
 

Il n'y a pas à se le dissimuler, notre quartier se bâtit et se peuple. On trace de nouvelles rues, de grands travaux de remblai ont été exécutés à la jonction de la rue André Fauchille et de la rue Charles Legrelle et celle-ci a été prolongée jusqu'à l'avenue Verte.
Vis-à-vis du collège, c'est bien autre chose. Dans les terrains vagues on creuse la tranchée de chemin de fer de Hal à Schaerbeek: des wagonnets transportent les terres au Solbosch; de nouvelles rues ont été percées et déjà des maisons s'y construisent.

Revue Saint-Michel,1909

 

Dédicaces

 

SALVO - D - N - PIO - X - PONT - MAX
REGNANTE BELGARVM PRINCIPE LEOPOLDO II
MODERANTE COLLEGIVM SCI MICHAELIS EDMVNDO LEROY
TEMPLVM HOC DEO OMNIPOTENTI SACRVM
IN HONOREM SCI IOHANNIS BERCHMANS
A SOLO INCHOATVM EST
AVSPICALEM LAPIDEM IECIT
REVERENDISSIMVS IN CHRISTO PATER AC DOMINVS
IOHANNES TACCI ARCHIEPISCOPVS NICAENVS
XIII KAL AUG A D MCMVIII
l PREMONT DESCRIPSIT - l VANDE VREN MOLITVS EST

 


DNI - N - PII - PONT - MAX - ANNO - IX
ALBERTI REGIS BELGARVM ANNO III
MODERANTE COLLEGIVM SCI MICHAELIS EDMVNDO LEROY
HANC AEDEM OMNIPOTENTIS DEI NVMINE
IN HONOREM SCI IOHANNIS BERCHMANS ERECTAM
REVERENDISSIMVS IN CHRISTO PATER AC DOMINVS
IOSEPHVS VAN REETH SI EPISCOPVS GALLENSIS
VII ID IVL A D MCMXII
SOLLEMNIBVS CAERIMONIIS DEDICAVIT

 

Les bâtiments


L'INFIRMERIE
 

Au premier étage, "une vaste infirmerie, dit M. Tardieu, prévoit pas mal de malades dans un établissement qui compte à l'heure actuelle cinq cents élèves. Au bout, une salle pour les convalescents, qu' on a choisie particulièrement gaie et d'où l'on voit les soldats de toutes armes défiler sur le boulevard Militaire. Égayer les malades, voilà à quoi l'on n'a jamais songé à l'École Militaire". Et M. Tardieu dit vrai: il y a tant de jour dans cette salle, qu'on s'y croirait dehors en plein boulevard.

Revue Saint-Michel



LE DEUXIEME ETAGE
  C'est la cité du sommeil. Nous pénétrons dans le grand dortoir; il s'étend sur toute la largeur du nouveau bâtiment et couvre une superficie de 1000 mètres carrés; la voûte s' inclinant au-dessus des fenêtres monte jusqu'à 18 mètres, ce qui donne environ 8000 mètres cubes d'air. Il contient cent vingt alcôves divisées en trois groupes; chaque alcôve, fermée par une porte à carreaux diamantées, comprend: lit, lavabo à tablette de marbre, armoire.
Au-dessus du corridor (de la porterie du 26) s'étend le dortoir des grands; cinquante chambrettes s'ouvrent le long du corridor.
Du second étage, la vue est admirable; à l'ouest, apparaît la ville noyée dans un léger brouillard, où s'estompent le dôme du Palais de Justice et les clochers des faubourgs lointains.
A l'est, le terrain descend brusquement, puis monte lentement jusqu'à la ligne sombre de la forêt de Soignes.


LA PROPRIETE
 

Les six hectares qu'elle comprend forment deux plateaux d'altitudes différentes.
Les bâtisses occupent le niveau inférieur, qu'une rampe de gazon réunit au "'Highlands "'. Là, le vaste emplacement donne bien des espérances aux sportsmen; il y a place pour établir un manège - on en a même parlé -. Les nageurs - et ceci est sûr - auront un bassin; les équipes de football ont leurs terrains et les champions de tennis en ont trois, en attendant les deux autres. Oh! le Collège est très sport: on fonde des comités sportifs et les présidents jouissent de beaucoup de crédits. Ils se donnent d'ailleurs tout à leurs devoirs. Je crois qu'ils ont déjà songé à nous faire jouer au golf; mais ce serait sans doute en dehors des six hectares.

Revue Saint-Michel


LE BASSIN DE NATATION
 

Une rampe de gazon nous amène dans le pays des hauteurs, où montées et descentes se croisent en tous sens au milieu des nappes d'herbe et de fleurs; des arbres disséminés dans la Suisse en miniature s'apprêtent à donner de l'ombre à nos arrière-petits- fils. Et dans ce site enchanteur, voici le rêve si longtemps attendu des pensionnaires comme des externes, le bassin de natation, dont la forme rappelle assez celle d'un immense concombre et qui est aménagé selon toutes les règles de l'art.
Construit en pente, il offre toutes facilités aux petits comme aux grands, sa pro- fondeur allant de 0,70 m à 1,75 m.
L'axe de longueur mesure plus de 50 mètres et sa largeur extrême atteint 18 mètres. La surface est d'environ 700 mètres carrés.
C'est bien le plus grand bassin de la ville. Adossées à la butte s'alignent quarante cabines.

Revue Saint-Michel



LES ETUDES
 

Les études sont sur le vieux modèle classique, vastes, hautes, longues et larges. Trois longues théories de bancs, une chaire plus ou moins romane, et tout le long des murs un cordon de chapeaux et de vêtements de toutes sortes, de quoi monter d'emblée une boutique de fripier. Mais le cachet particulier d'une étude se trouve dans le collégien. Il faudrait en parcourir les différents types, depuis le gosse à trois pieds deux pouces jusqu 1 au potache dégingandé.
Le pupitre aussi offre de l'intérêt. On y rencontre chez beaucoup les objets les plus disparates: avec livres et cahiers, statuettes, images de piété, ciseaux, brosses et peignes, limes à ongles, trousses de menuisier, lames de fleurets cassés, lorgnettes de théâtre, jumelles de course, télescopes de marine et parfois certains rouleaux de papier... hum! hum! .. ."

Revue Saint-Michel, juin 1906



LE GRAND COULOIR

 

Cette nouvelle artère est la principale, le "forum" de l'établissement; tout y converge: à une extrémité la chapelle; ailleurs les études, la salle de récréation; les deux escaliers y aboutissent; les portes des cours, la chambre du P. Préfet, tout y donne.
A l'heure des classes, on s'y entasse, il y a foule; à la fin de même. Mais de 9 heures à midi et de 2 à 4 heures, silence absolu. Quelquefois seulement, le petit larbin passe sautillant, et fait sonner son trousseau de clefs le long des murs.
Quand la cloche sonne la fin du travail, le forum s'anime et devient ruche, les escaliers vomissent des gosses, de tous les côtés on court, on se serre la main comme pour un départ de plusieurs mois; puis le vacarme s'apaise, le corridor se vide; bien- tôt plus personne... Seul le petit larbin s'en va rasant les murs avec son trousseau de clefs.

Revue Saint-Michel, juin 1906



L'ESCALIER DE PIERRE
 

Au fond du forum, débouche un superbe escalier de pierre, à double révolution, qui rappelle un petit peu les châteaux des contes fantastiques et les entrées grandi- oses de palais féeriques et terribles. On s'attend à voir Barbe-Bleue descendre les marches en courant, le poignard encore rouge du sang de sa septième femme, le regard en feu, l'air effrayant.

Revue Saint-Michel, juin 1906



LA PORTERIE, LE COULOIR, LES PARLOIRS
 

A l'extrémité d'un des bras de la croix s'ouvre la porte. Cette entrée aussi a son cachet particulier avec ses trois cintres bas et lourds qui entourent de petites fenêtres jumelles, bien étroites, bien profondes et tout à fait romanes. Une inscription dorée: "Collège Saint-Michel "; et plus bas, près de la poignée: "Entrez sans sonner". Entrons donc, puisque c'est écrit.
Un guichet s'ouvre, et un petit larbin s'informe du visiteur, et de l'objet de sa visite. Il a mission d'introduire: son trousseau de clefs en fait foi.
La loge passée, l'aspect change. Ce n'est plus une abbaye, ni même un cloître, encore moins un collège ou une caserne, mais une manière de château tout neuf, qui attend encore ses meubles. Imaginez dans ce long et large corridor des armoires de chêne, des gravures au mur, quelques tables, quelques banquettes, des tableaux, des panoplies: ce serait un superbe hall de château. Les grandes baies de ce couloir donnent sur la cour d'honneur, soigneusement entretenue.
En face des fenêtres, les parloirs, j'allais dire les salons; un superbe tapis couvre le plancher; une profusion de meubles; aux murs, de jolies reproductions de tableaux célèbres; les bustes du Roi et du prince Albert; sur les tables, des albums, des prospectus, quelques volumes des Missions belges; l'ensemble a la physionomie des appartements qui servent a tous en commun et a chacun en particulier. Il faut voir les parloirs, les dimanches, quand les visites battent leur plein; car nous avons aussi, à l'instar des grandes dames, notre jour. Il est un peu banal, mais qu'importe? Nous n'offrons pas à goûter, nous nous laissons faire.
Aussi les parents arrivent-ils tous avec un petit paquet blanc, serré de fil d'or. On les reconnaît vite, ces petits paquets, et quand la famille n'a pas eu la bonne idée de venir voir son collégien, celui-ci louche joliment le petit paquet des camarades; on a même vu qu'il aidât leur générosité!

Revue Saint-Michel, juin 1906

 

Au fil des jours ...

2 octobre 1905
  Sous la pluie battante, des files de voitures s'arrêtent devant la porte du Collège. Les longs corridors illuminés sont remplis d'un va-et-vient affaires des Pères, de parents, d'élèves et de domestiques porteurs de malles. On dirige les pensionnaires sur la salle de récréation; les anciens se reconnaissent, les nouveaux étudient leur monde. Finalement chacun s'en fut coucher.
11 novembre 1905
  A 4 heures de l'après-midi, au milieu d'une joie exubérante, ces messieurs quittent le Collège pour la première fois, et vont se retremper pendant un jour au sein de la vie familiale.
22 juin 1906
  Trois fois par semaine, à 5 heures du matin, tandis que le soleil s'appuie encore à l'horizon, nous filons à travers les terrains vagues jusqu'aux bains d'Ixelles. Il vous les faudrait voir, tous ces petits lapins frétillant dans l'eau fraîche!
Naturellement, comme il y a des goulus partout, certains éprouvent le besoin de boire des tasses. A six heures et demie, on apprend ses leçons comme si de rien n'était.
31 mai 1907
 

(La cérémonie dont nous te parlons, d'abord prévue pour le 1er mai, dut être reportée au 31 mai étant donné les conditions atmosphériques; une pluie diluvienne rendait impossible toute festivité à l'extérieur).
Dès 14h30, un public nombreux se réunissait dans la cour du collège. Le temps était assez favorable. Seul un gai rayon de soleil manquait à la fête. De part et d'autre de la statue s'élevaient deux grands mâts, et une brise légère faisait joyeusement onduler les bannières qui les surmontaient.
A trois heures, le R.P. Lebon prononça une magnifique allocution de circonstance.
Mgr. Van Reeth qui avait daigné revenir au Collège une seconde fois, procéda ensuite à la bénédiction de la statue. Les costumes chatoyants des enfants de chœur et les cantiques entonnés par les élèves contribuèrent à rendre cette cérémonie encore plus grandiose et encore plus troublante.
Il ne nous reste maintenant qu'à remercier le généreux donateur, à la munificence duquel nous devons ce monument vraiment digne de la Reine des Cieux.

2 novembre 1907
  En descendant de classe, nous avons la joyeuse surprise de trouver suspendues aux poutres qui bardent la voûte de l'étude une double rangée de corbeilles à plantes vertes; cette heureuse innovation est due au P. Beernaert.
Cela rompt quelque peu la monotonie ou du moins relève le charme austère de ce lieu travail, transformé ainsi en jardin d'hiver.
5 avril 1908
  Déménagement virtuel..., le Collège n'est plus au boulevard Militaire. Nous habitons désormais au boulevard Saint-Michel.
12 mai 1908
  Grande et bonne nouvelle pour les anciens de la rue des Ursulines. Le vieux Saint-Michel sera conservé et, paraît-il, aménagé à neuf. Tous nos meilleurs souhaits de prospérité.
11 juin 1908
  Bénédiction du bassin.
20 juillet 1908
  Cérémonies en l'honneur de la pose de la première pierre de l'Eglise.
9 novembre 1908
  Une douzaine de "grands" trouvant fastidieux le football tel qu'on le joue durant les récréations, demandent et obtiennent la permission de rester dans la grande cour, pour y jouer un "balle au mur"!
9 Janvier 1909
  Selon sa coutume, le groupe d'amateurs de "balle au mur" se rend sur son terrain, mais il est arrêté par un geste du Père, qui leur déclare que le jeu est interdit jusqu'à la mise en place de treillis protecteurs aux fenêtres du 1er étage. Il paraît que les balles de certains joueurs étaient par trop désastreuses.
11 janvier 1909
  Encore un nouveau jeu! Apparition des échasses. Avec elles les chutes dans le sable de la cour se font fréquentes, mais peu graves. Chez petits et grands, d'ardentes parties s'engagent.
14 janvier 1909
  Froid très vif. Dans la cour d'entrée, le P. Feneau nous a préparé une superbe glissoire. Une pancarte porte ces mots: "La glissoire est réservée aux élèves des études. Ils sont priés de la faire respecter." Ils surent le faire et comment.
16 janvier 1909
  La glissoire se fait peu à peu. Unie déjà comme un miroir, elle se polit encore aux rapides passages des amateurs de vitesse.
20 janvier 1909
 

Le froid se maintient. Le thermomètres baisse encore. La glissoire s'allonge toujours. Elle atteint maintenant une trentaine de mètres. Les voyageurs ont presque le temps de fumer une cigarette ou de lire leur journal durant le trajet. Cela devient du délire: les pères surveillants se mettent de la partie et prennent largement leur part à nos culbutes collectives. Hier, à 6 heures, les petits pensionnaires obtiennent la permission de venir essayer notre belle glace.

22 février 1909
  La neige est tombée, la gelée l'a durcie. L'on sort les traîneaux a la grande joie de nos cadets. Pendant la récréation, nous obtenons la permission de faire du toboggan sur les pentes abruptes des terrains vagues avoisinant le Collège. On se croirait en Suisse.
9 octobre 1910
  Les premières volées de "Marie-Edmonde" annoncent que l'église est ouverte aux fidèles.
11 octobre 1910
  Le nouveau tramway 90 passe devant le Collège. Tant mieux, vive le mouvement!
29 octobre 1910
  Inauguration de la nouvelle église.
Quels changements depuis cette rentrée, cette "entrée" plutôt, de 1905 !
Le Collège a doublé son étendue, doublé sa population; l'aile gauche abrite depuis trois ans, des classes nombreuses, et cette nouvelle église, qu'on n'osait espérer, qu'en songe, se dresse, splendide, prête à recevoir demain l'hôte divin qu'elle attend.
Nous l'avons vu bâtir, sous nos yeux, pendant les classes! Par les fenêtres ouvertes nous percevions, avec le bruit monotone et énervant du broyeur, la fumée jaune de la machine!
Aujourd'hui, les derniers échafaudages disparus, le monument se déploie, sollicitant les regards et l'admiration.
La façade, en pierres de taille bleues et en moellons rosés de la Gileppe, dresse sur le boulevard Saint-Michel, son harmonieuse abside: les frontons et les tourelles sont reliés au reste du bâtiment par des façades latérales en briques.
17 janvier 1911
  Entrée solennelle dans le nouveau réfectoire: la nouvelle salle est gaie, lumineuse, coupée en deux par de grandes tentures qui séparent les internes des externes. C'est presque le domaine féerique où l'on entend des voix sans voir les personnages.
6 avril 1911
  M. Bockstael inaugure les nouvelles orgues devant une brillante assistance. M. Widor, l'organiste parisien, lui succède, et nous transporte par sa symphonie gothique vers d'autres âges; tandis qu'accoudé sur la balustrade de la galerie, notre heureux Figaro (Félix Tonsor) s'écrie à la vue de toutes ces opulentes chevelures d'artistes: "Quelles belles coupes de cheveux je pourrais faire ici".
9 juillet 1912
  Cérémonies de consécration de l'église.
Revue Saint-Michel, de 1905 à 1912


Document mis à jour le 18/10/05