Petit historique du Collège de Godinne-Burnot
(Site de Saint-Paul - Godinne)

 

Plan du document

Historique du Collège (par Claude Massart)
les origines
le Saint protecteur du Collège, le blason, la devise
les constructions et transformations, de 1930 à 1970
les constructions et transformations, depuis 1970
quelques changements d'importance
Quelques dates (par Claude Massart)
Evolution de la pédagogie (par Claude Massart)
le tournant les années 70: la mise en place du rénové
les avatars du rénové



Historique du Collège (par Claude MASSART)


LES ORIGINES
 

Le collège a été construit pour recevoir les pensionnaires du collège Notre-Dame de la Paix de Namur dont les locaux trop étroits et les cours de récréation resserrées ne pouvaient plus suffire pour une population d'élèves plus que doublée depuis la fin de la Première guerre mondiale.
À mi-chemin entre Namur et Dinant, le plateau de Godinne est choisi ; c'est un emplacement rêvé pour un internat à la campagne : 40 Ha de terrain dont 12 de bois, la vallée de la Meuse avec, non loin, de belles promenades le long du Crupet, du Bocq ou de la la Molignée, et avec, surtout, des communications faciles. La construction est menée activement par le Père Mols dès avril 1925 ; le collège est inauguré en septembre 1927. Le Pavillon des aînés est bâti, lui, en six mois, de mars à septembre 1929. La Grande salle est commencée le 28 mars 1930 et achevée le 22 novembre, toujours sous la direction du Père Mols.
Des 220 pensionnaires de Namur- dont 18 rhétoriciens-, en 1926-27, 177 se sont inscrits à Godinne la première année scolaire ; c'est donc presque la totalité qui emménage à Saint-Paul avec un tout petit nombre d'externes de Namur. 103 nouveaux internes sont également du nombre. 15 pères jésuites (dont 11 proviennent de Namur) et 16 professeurs laïcs (dont 9 de musique) forment la communauté éducative.

Claude MASSART, 2002



LE SAINT PROTECTEUR DU COLLEGE, LE BLASON, LA DEVISE
 

Pourquoi saint Paul comme patron et non un saint jésuite ? Le premier Père recteur, le père Dutry, comme la paroisse était dédiée à saint Pierre, a voulu le second pilier de l'Eglise au village.
Sur l'écusson, outre la devise, il se trouve ce qu'en héraldique on appelle " les meubles " : une épée, deux roses et deux loups autour d'une marmite. L'épée de saint Paul rappelle son martyre : il a été décapité par un glaive. Les deux roses symbolisent la sainte Vierge, appelée dans les litanies Rose mystique. Le collège, pensionnat du collège Notre-Dame de la Paix, la place comme protectrice du collège.
Les deux loups accotés à une crémaillère : armes de la famille des Loyola dont Ignace, fondateur de la Compagnie de Jésus. Lo y ola. Lo a la même signification que leu, en wallon (Les Loups, les Leus, habitants de La Louvière), loup en français, du latin lupus. Ola ou olla signifie marmite en latin. Lo y ola : lupi ad ollam, loups à la marmite, loups à la crémaillère. Loyola veut donc dire loups défenseurs du foyer (ces explications de G. Seigneur et E. Joarlette sont tirées du livre commémoratif Collège Saint-Paul, n°2 Année académique 1928-1929, p. 25-28).
Viriliter ? Dans sa 1ère lettre aux Corinthiens, chap. 16, v.13, saint Paul écrit : "Vigilate, state in fide, viriliter agite et confortamini". Le texte original grec est quand même bien plus clair et andrixesthe signifie soyez des hommes, c'est-à-dire montrez que vous avez une âme, que vous n'êtes pas comme des animaux, des êtres seulement matériels qui obéissent à leurs instincts. Veillez, soyez fermes dans la foi, soyez des hommes, soyez forts : voilà ce à quoi nous engage le collège.

Claude MASSART, 2002



LES CONSTRUCTIONS ET TRANSFORMATIONS, DE 1930 à 1970
 

Le P. Pickery S. J. écrit en 1930 qu'on peut attribuer aux bâtiments de Godinne les paroles du psalmiste "Omnis gloria ejus filiae regis ab intus" : toute sa beauté est à l'intérieur! (voir Collèges de la Compagnie. Colleges der Sociëteit van Jezus (1830-1930), p. 11, ouvrage extrait de Un siècle d'enseignement libre édité par la Revue catholique des idées et des faits, 1930). Il est vrai que, vu du dehors, Saint-Paul ressemble à un blockhaus (" Le bétonnage est le mode de construction qui a été choisi, pour les avantages appréciables d'économie et de rapidité qu'on y a trouvés. Le système adopté est le système breveté Steven dit du " monolithe creux ". Sans vouloir enter dans les détails techniques, qu'il suffise de dire que ce système consiste en ce que les murailles ne sont pas coulées tout entières en béton, mais qu'on y ménage des vides de haut en bas, faisant en quelque sorte cheminée et cet espace est rempli de cendres. Ainsi, toutes les parois, les plafonds mêmes forment un monolithe creux " plain de cendres ", plus léger certes que s'il était tout en béton, séchant plus facilement, offrant moins de sonorité et dont la solidité est assurée par des armatures de fer, la composition même des matériaux et d'autres procédés de construction ". (Voir Collège Saint-Paul, n°1, Année académique 1927-1928, p. 9-10), à vocation scolaire cependant. En 1938, la seule construction extérieure est celle du boyau de la mort (les collégiens, et davantage encore les internes qui restent à l'école 24h/24, dénomment facilement les lieux qu'ils fréquentent ou affublent de sobriquets les professeurs qu'ils subissent. Ainsi, dans l'ancien collège jésuite N-D à Tournai, un couloir, le 16, tenait surnom parce qu'il était " treize et trois " ! Le " boyau de la mort , dénommé ainsi en mai 1915, rappelle un passage mortel de tranchées, très proches des lignes allemandes, au nord de Dixmude, lors de la Première guerre mondiale. Le couloir, à St-Paul, au rez-de-chaussée ne possédait pas de radiateurs et les élèves le traversaient, en hiver, dans un froid glacial encore accentué par une porte extérieure) en 1938, du temps du P. Kerkx, recteur.
En juin 1951, on aménage une nouvelle infirmerie dans les locaux de musique : 12 chambres, une chapelle, une salle pansement, une salle de récréation pour les convalescents. Les salles de musique sont transférées dans l'ancienne salle de dessin.
En 1953, " pour calmer l'exubérance de la jeunesse et contribuer à son éducation musicale, on vient d'installer dans les deux grands réfectoires d'élèves d'excellents diffuseurs qui émettent de très beaux concerts durant une notable partie du repas " . En 1956, on automatise les chaudières du chauffage central ; en 1957, la Grande chapelle (11000m3) est équipée d'un chauffage au système à air pulsé et, deux ans plus tard, elle se voit embellie de 12 vitraux non figuratifs dus à l'artiste Roger Coppe et d'un autre encore pour le jubilé des 50 ans de vie religieuse du Frère Wirth (Au F. J. Wirth pour ses 50 ans de Compagnie, ses frères pleins de joie).
Ces travaux ou embellissements, déjà d'importance, demeurent, tout compte fait, modestes par rapport aux grandes rénovations et constructions que va nécessiter l'enseignement de Type 1.

Claude MASSART, 2002



LES CONSTRUCTIONS ET TRANSFORMATIONS DEPUIS 1970
 

Le rénové, instauré en 1970, exige de nouveaux locaux pour des sections nouvelles et aussi parce que le nombre d'élèves va sérieusement augmenter. En 1971 les parloirs deviennent des bureaux administratifs ; en 1972, durant les grandes vacances scolaires, un nouveau local de physique, une salle supplémentaire d'éducation physique, une classe de technologie et une salle de judo. En 1972, de nouveaux locaux de sciences sont aménagés (physique, biologie, chimie et géographie). En 1973, la cour des grands est dotée d'un préau (1m x 34) (Didier van den Neucker, (rh. 1976), de la première génération du rénové, demandait à Monsieur Goidts ce qu'avait coûté pareil préau. Comme le prix approximatif donné par M. Goidts lui semblait totalement exorbitant, il répondit : " À ce prix -là, on aurait bien fait d'acheter un parapluie à chaque élève ! "). De 1974 à 1977, année de son inauguration, le collège se dote d'un complexe sportif (bassin de natation, salles d'entraînement et terrain multi-sports), le Pavillon se voit surmonté d'octogones, d'une dalle séparant les chambres des 5e et des 6e ; un couloir surplombant le " boyau de la mort ", relie à l'étage le Pavillon au collège. La Grande chapelle est diminuée de hauteur : elle reçoit une dalle de béton, est trouée en ses flancs et permet la création des classes de 1ère et de 2ème. Ses vitraux restent intacts et, en 1977, elle est repeinte et aménagée- l'autel passe de l'autre côté !- par des membres de la communauté jésuite sous la direction du P. Defoux. L'ancienne salle d'Académie des 3èmes latin-grec, aménagée par le P. Doucet, devient, dès l'instauration d'un option histoire 4h (1977) une classe d'histoire et occasionnellement, selon les buts pédagogiques poursuivis par certains professeurs, salle de projection.
Seront réaménagés ou construits dans les années qui suivent, de 1985 à nos jours : la bibliothèque, les blocs sanitaires des dortoirs -et certains comporteront des douches-, les bureaux de direction (
Le bureau du directeur situé près de la porterie est aménagé au cœur du rez-de-chaussée, dans une position centrale. L'ancien bureau devient une salle de réunion, dite " Salle des conseils "), de préfecture et de secrétariat, le chauffage, une conciergerie, la cour du Pavillon, la laverie de la cuisine, certaines chambres de dortoirs, l'étude des externes, l'infirmerie, les trois classes des primaires toutes situées au niveau du corridor de la porterie, la salle de récréation de primaires, l'ancienne salle d'Académie du Pavillon devenue Salle audio-visuelle, l'ancienne salle de gymnastique en dessous de l'infirmerie, …
Durant les grandes vacances de 1989, le réfectoire est rénové de fond en comble. Peintres, électriciens, maçons, plombiers, menuisiers, carreleurs, …se mettent à la tâche. Les ouvriers du collège acceptent de déplacer les dates de leurs congés. On fait appel aux entreprises extérieures pour l'insonorisation, le plafond, le carrelage et les châssis des fenêtres. Les deux murs centraux sont abattus. On peut profiter dans ce véritable restaurant d'une plus grande capacité de places, de conditions de calme et de détente, de plus de clarté surtout. Les douches du sous-sol, qui, en 1961, avaient vu leur installation à vapeur perfectionnée, disparaissent pour faire place à une réserve pour les ouvriers du collège.
Y a-t-il un coin qui n'ait pas été profondément rafraîchi, restauré, transformé ? Jusqu'à l'eau qui coule dans les robinets : elle provient d'un captage propre établi en 1999 ! Et à l'heure où ces lignes sont écrites, une nouvelle chambre froide viendra flanquer la cuisine.

Claude MASSART, 2002



QUELQUES CHANGEMENTS D'IMPORTANCE
 

Si le collège se transforme visiblement et de l'extérieur -à l'arrière, seulement- et de l'intérieur, il évolue également dans ses structures internes et pas seulement pédagogiques.
En 1975, le P. Lambert émet le souhait de voir des anciens élèves et des anciens parents d'élèves participer au Conseil de direction du collège (P. O. : Pouvoir organisateur). Jusqu'à cette date, le conseil était formé surtout de pères jésuites étrangers à la maison, travaillant la plupart dans d'autres collèges ; les laïcs sont ainsi associés aux grandes décisions de gestion.
En 1977, dans son allocution lors du 50ème anniversaire (Le 5 novembre 1977, se rassemblent 1500 personnes et une messe est concélébrée par 12 prêtres. On y remarque la présence du père Provincial, du vicaire général, M. l'abbé Gillet, du délégué du Ministre de l'Education nationale et du Ministre lui-même, M. Joseph Michel, pour un bref moment), le P. Christian de Deckere, préfet général des collèges jésuites de la province francophone, souhaite, quant à lui, que la responsabilité du P. O. soit partagée non seulement avec les anciens élèves et anciens parents mais aussi par de professeurs et des éducateurs. Ces deux souhaits se concrétisent en deux étapes, d'abord, en 1984-1985, quand des anciens et des anciens parents font partie du P. O. et en, 1994-1995, par l'entrée de professeurs et éducateurs élus par leurs collègues, de parents dont les fils sont encore en secondaire et de personnes extérieures au collège. L'Association des parents ne mandate pas ces personnes : elles font partie du P. O. à titre personnel.
En septembre 1975, le prix de la pension cesse d'être uniforme. Il sera désormais déterminé pour les parents en fonction de leurs revenus et en fonction de leurs charges familiales.
En 1997; coup de tonnerre dans le ciel bleu (pas toujours bleu !) à Saint-Paul : des filles entrent dans les classes ! Le collège s'ouvre à la mixité : 24 dans les classes préparatoires et 4 dans le secondaire. En 2002, elles sont au nombre de 108, toutes externes.
En 1999, la fusion avec le collège de Burnot crée une nouvelle entité scolaire, le " Collège Godinne-Burnot " ; deux implantations mais des structures pédagogiques communes. La moitié des professeurs de Saint-Paul enseigne sur les deux sites durant l'année scolaire 2001-2002.
Saint-Paul n'a-t-il pas été rénové de façon heureuse depuis 30 ans ?

Claude MASSART, 2002

 

Quelques dates ... (par Claude MASSART)

 

1955 3 anciens ordonnés prêtre SJ : J. Misson, L. Caudron (rh. 42)et A. Roberti de Winghe (rh. 42)
   
1956 - 5 patros des environs sont dirigés par les aînés
  - Cyrano de Bergerac avec Pierre Delieu , prof de diction, dans le rôle principal
   
1957 - Participation des aînés au concours colonial scolaire
  - Procession des rogations dans le parc
 

- Week-end libre pour les élèves du pavillon (sur proposition des parents)

 
1958 - Knock ou le triomphe de la médecine avec Pierre Delieu, prof de diction, dans le rôle principal
  - Constitution d'un comité de l'Association des parents. Président : Maître Prignon de Dinant.
  - Distribution des prix : quelques scènes de Courteline
  - Uniforme des rhétos : veston amarante et écusson du collège à hauteur de la pochette
  - Les premières volées de "Marie-Edmonde" annoncent que l'église est ouverte aux fidèles.
 
1959 - Plaques des anciens morts pour la patrie scellée
  - 12 vitraux non figuratifs de Roger Coppe placés dans la Grande chapelle
   
1960 - Mercredi-Saint: spectacle en ombres chinoises et sono-fil par les 3e: le Judas de Gringnaux
  - A la Saint-Nicolas, les rhétos font le cadeau d'un vélo au petit domestique du Pavillon
   
1961 - 25e fancy-fair au profit intégral pour les missions
  - Messe de la rentrée, messe du St-Esprit par deux anciens récemment ordonnés : Jacques Lange S.J. et Henri Mortiaux S. J.(rh. 48)
  - Route diocésaine des jeunes à Beauraing (participation d'une vingtaine d'aînés)
  - 15 novembre : Fête du roi. Rassemblement au drapeau dans la cour par tout le collège
  - Neuvaine à N-D de Lourdes à l'intention du Congo par plusieurs classes
   
1962 Accueil des externes
   
1970 - Rénové
  - Suppression de l'uniforme des rhétos
   
1976 - Complexe sportif
  - Piscine couverte
   
1998 - Mixité
  - Mur d'escalade
  - Train infor-drogue jusque Aywaille. Classes de 3e aux rhétos. Expérience passionnante.

 

Evolution de la pédagogie (par Claude MASSART)


LE TOURNANT DES ANNEES 70: LA MISE EN PLACE DU RENOVE
  Jusque 1969, le collège ne connaît, dans le secondaire, que la section latin-grec (classes dédoublées au cycle inférieur, classes uniques à partir de la 3ème latine, goulot du Pavillon qui compte, donc, une seule classe de poésie et une seule rhéto). La baisse de population et le difficile équilibre budgétaire dans la gestion de l'établissement conduisent le père provincial à envisager la suppression du collège (Saint-Louis de Liège, en Outremeuse, dans l'immédiate après-guerre, et Notre-Dame de Tournai en 1957, ont, été supprimés par la Compagnie et remis aux diocèses. Cependant, ces fermetures de collège n'ont pas été causées par des difficultés financières. Il n'était pas toujours possible d'ajouter des charges nouvelles et le recrutement jésuite, sans pour autant fléchir dans ces années-là, ne permet pas de répondre aux sollicitations légitimes. Les missions(Kwango, Calcutta) exigent bien des personnes: ainsi au collège Albert Ier, au séminaire de Kinzambi, aux écoles de Kikwit et de Makundiga, au collège de Kiniati et à St-Laurent de Calcutta, pour le développement des Facultés de Namur, pour Lumen Vitae à Bruxelles (d'après la revue Echos, février 1949 et avril 1957); les professeurs réagissent pour lui demander la création d'une section latin-maths. Cette nouvelle section, qui amène l'ouverture d'une classe en 1969, sera reconnue et par le Ministère de l'Education nationale, à la suite d'inspecteurs reconnaissant le niveau atteint en mathématiques, latin et français entre autres.

Si des élèves doivent, au cours de ces six ans, admettre qu'ils sont mal orientés, que leur tournure d'esprit et leurs aptitudes ne s'expriment guère par l'étude du latin et du grec, il leur faut alors se diriger vers la section moderne (encore faut-il que ces élèves soient d'esprit mathématique) ou alors vers les techniques ou professionnelles. Choix ou constats plutôt négatifs alors que les moyens d'observation de cet élève ou différentes disciplines pour se connaître et pour dégager ses capacités sont peu étoffés, voir inexistants. L'omnivalence des diplômes, depuis 1964, fait en sorte que la section latin-grec, les humanités anciennes, n'est plus la motivation principale d'autrefois. Tout diplôme d'enseignement secondaire donne le droit d'accéder dorénavant à l'université.

Une autre constatation, à la fin des années soixante,-mais on le savait depuis longtemps - consiste à se rendre compte que les acquis universitaires sont rapidement dépassés par les exigences de tout savoir en continuelle évolution. L'étudiant, à la fin de ses humanités, ne peut plus être jugé sur un programme, sur sa parfaite connaissance d'un savoir mais, devra être certifié sur des acquis essentiels en relation avec sa capacité de savoir-faire pour faire face à des situations nouvelles.

Il faudra mettre en place de nouvelles structures dans un enseignement qui mette davantage l'accent sur les aptitudes réelles de l'élève, d'une part, dans un éventail suffisamment large d'activités, et il faudra, d'autre part, que les élèves participent eux-mêmes aux décisions importantes de leur propre orientation. Des conseils de classe et des conseils de branches engagent les professeurs également dans la voie de cette rénovation. L'enseignement secondaire sera divisé en trois cycles de deux ans: observation, transition et détermination. Aucun type d'esprit n'est privilégié, chacun doit mener jusqu'au bout se propres exigences, dans un genre de formation qui corresponde à ses capacités, sa tournure d'esprit et sa forme de précision. Lettres, mathématiques, sciences, expression artistique, technique, option d'éducation physique, … sont autant de voies d'accès valables à l'enseignement supérieur et de moyens pour la rigueur, pour le sens critique, pour le goût du travail, pour la persévérance dans l'effort et pour la créativité que cet enseignement supérieur requiert et va requérir de plus en plus.

Dès la 1ère année, les élèves choisissent, en plus d'une formation commune, deux heures d'activités complémentaires et, la seconde année, il leur faut opter pour 9 heures d'options fondamentales et complémentaires. Aux cycles de transition (3e et 4e) et de détermination (5e et 6e), les options se précisent ou se confirment de plus en plus à l'intérieur d'un horaire de 36 heures semaine possibles. Ces options permettent à l'élève d'exercer ses capacités, en toute rigueur et motivation, afin d'exceller dans sa forme d'esprit (Un élève de la première génération du rénové (1970-1976)a suivi, en options principales, des cours de grec et de mathématiques fortes, sans le latin. Voilà un choix bien personnalisé. Il va de soi que l'horaire ne permettra pas automatiquement n'importe quel choix d'options principales. La " grille " des options canalise, dans une certaine mesure les choix des élèves). Cette structure même de l'enseignement va de pair avec un engagement et une responsabilité plus grande confiée à l'élève.

"Les bâtiments eux-mêmes témoignent de l'expansion qu'entraîne cette première rénovation. Ils s'avèrent vite insuffisants ou mal adaptés. Le nouveau régime des études exige que soient installés des laboratoires de langues et de sciences, des salles d'accueil de professeurs et d'élèves, que soient équipées des salles audio-visuelles et des complexes d'éducation physique". (voir Maurice PILETTE, La rénovation des études, p. 260 dans Les jésuites belges (1542-1992). 450 ans de Compagnie de Jésus dans les Provinces belgiques, éd. aesm, 1992).

Le père Ferdinand Lambert ; directeur de 1969 à 1976, est le pionnier de cet enseignement qu'il met en place à St-Paul, premier collège jésuite francophone à suivre cette réforme. Le père prend son bâton de pèlerin pour expliquer en Wallonie et à Bruxelles l'esprit et les structures nouvelles du rénové. En 1975, le Père provincial se déclare favorable à " cette rénovation des études, au nom de la démocratisation de l'enseignement, des valeurs relationnelles et de l'ouverture sociale qu'elle permet d'instaurer, au nom aussi de nouvelles formes de culture qu'elle promeut " (voir Maurice PILETTE, La rénovation des études, p. 261 dans Les jésuites belges (1542-1992). 450 ans de Compagnie de Jésus dans les Provinces belgiques, éd. aesm, 1992). Les autres collèges de la province francophone instaureront peu à peu cet enseignement de Type 1, non sans tension parfois de la part des professeurs ou des parents, même d'un ancien recteur des Facultés de Namur qui écrivit des articles accusateurs dans le journal local et qui ne voulut jamais mettre les pieds au collège par peur de constater que les exigences étaient toujours bien présentes et par peur, sans doute,…d'avoir à réviser son jugement!

Claude MASSART, 2002



LES AVATARS DU RENOVE
  De 1975 à 1986, des arrêtés relatifs à l'organisation de l'enseignement se succèdent. La scolarité obligatoire est prolongée jusqu'à l'âge de 18 ans (1983). De nombreuses restrictions budgétaires, sous le couvert de réformes et de recentrages pédagogiques, vont mettre à mal cet enseignement de Type 1. En 1982, le ministre libéral Bertouille ramène l'horaire des élèves de 36 heures possibles à 32 heures obligatoires, et " sort " les conseils de classe et l'heure de direction de classe de l'horaire des professeurs en l'augmentant, en plus, d'une heure. La guidance et la réflexion méthodologique en prennent un coup !`En 1986, les mesures de Val-Duchesse soustraient vingt milliards de francs à l'enseignement ! En 1989, un an après sa communautarisation, de nouvelles restrictions budgétaires sèment le désarroi et la révolte dans les milieux enseignants ; le secteur non-marchand de la société, dont l'école, est franchement entamé. Une loi de financement étrangle l'enseignement dans un carcan budgétaire. Revendications, manifestations et grèves s'ensuivent à partir d'avril 1990. Les mesures du ministre socialiste di Rupo, en 1995,visent à ce que chaque établissement calcule son capital périodes/horaires suivant son nombre d'élèves : des options passent à la trappe, des horaires de professeurs aussi (c'est le fameux NTPP (capital de périodes en fonction des élèves). Au début de la mise en place du rénové, il était possible que l'élève en difficulté puisse suivre des cours de rattrapage (en français et en mathématiques surtout). Ces heures se sont effacées aussi car le capital/périodes ne permet plus d'instaurer cette remédiation. Qu'on ne vienne pas alors proclamer que l'on poursuit des buts essentiellement pédagogiques dans les réformes successives des gouvernements ! C'est vouloir tromper les citoyens). En février 1996, de nouveaux mouvements de grève éclatent : les normes nouvelles décrétées par la ministre socialiste Laurette Onckelinkx visent encore à restreindre ce capital/périodes en fonction des élèves ! Trois mille emplois sont supprimés (différentes mesures entraîneraient des explications bien trop techniques. Contentons-nous de prendre, à titre d'exemple, une norme fallacieuse. En 1999, on dote chaque établissement scolaire d'une salle informatique par l'équipement d'ordinateurs. Cette disposition gouvernementale, à priori fort positive, ne s'accompagne pas d'un traitement de professeur qui serait chargé de cette salle, ni de moyens financiers pour l'installation et la maintenance de l'équipement. À chaque école de puiser dans ce capital/périodes et dans ses propres ressources pour y subvenir. Ce qui apparaît très positif popur l'opinion publique l'est beaucoup moins sur le terrain ! Qu'on ne vienne pas alors proclamer que l'on poursuit des buts essentiellement pédagogiques dans les réformes successives des gouvernements ! C'est vouloir tromper le citoyen)! À l'heure actuelle, non seulement le nombre des élèves, établi à la fin d'octobre de l'année précédente, fixe le nombre d'heures de cours possibles-suivant un calcul très complexe-, mais encore certains cours ne peuvent être poursuivis au-delà de trois ans que si un certain nombre d'élèves y assistent, capital/périodes ou non.

Que reste-t-il actuellement des mentalités nouvelles et des structures originelles du rénové ? L'esprit que développe cet enseignement demeure indubitablement. L'élève se révèle plus autonome dans son orientation, en découvrant, par le cycle d'observation, ses capacités et sa forme d'esprit. Quant aux structures, si l'ossature reste, si le choix des options a été franchement raboté par des normes, sous le couvert hypocrite d'une volonté de pédagogie audacieuse et généreuse, elles ne permettent plus les options principales diversifiées et certaines complémentaires, ont été, tout simplement, supprimées. Les classes, en général, sont devenues plus nombreuses sans aucun doute : ainsi un cours de langue moderne se donne parfois avec plus de trente élèves !

Le refinancement de la Communauté française a été négocié aux accords de la Saint-Polycarpe au début de l'année 2002 mais ses effets ne seront d'application qu'en 2004 ! L'avenir dira si le gouvernement de la Communauté, à cette date, vise le bien des élèves par des modalités pédagogiques réelles ou une fois encore par de la poudre aux yeux, comme on y a été habitué dans un passé récent.

Depuis septembre 2001, le gouvernement de la Communauté française impose à toutes les écoles une véritable révolution culturelle. Tous les programmes et tous les objectifs pédagogiques ont été réécrits en vue d'instaurer l'apprentissage par compétences disciplinaires et transversales. On pourrait définir une compétence comme un ensemble de savoirs, savoir-faire et savoir-être transférables, c'est-à-dire permettant d'accomplir un certain nombre de tâches. Voilà un nouveau chantier de taille pour l'avenir !

Claude MASSART, 2002

 


Document mis à jour le 18/10/05